Ce matin en plénière la question des droits humains était encore une fois posée. Elena Reynaga, fondatrice de l’association argentine des femmes travailleuses du sexe a rappelé que, malgré une mobilisation ancienne, les travailleurs et travailleuses du sexe continuent à payer un lourd tribut en terme d’infection à VIH. Les taux de prévalence parmi les travailleurs/euses du sexe sont sans commune mesure avec les chiffres de la population générale. « Nous ne sommes pas vulnérables en soi, c’est plutôt la violence qui s’exerce à notre égard qui nous rend vulnérable » a expliqué Elena Reynaga.

- Les politiques publiques qui condamnent le travail sexuel et alimentent la violence envers les travailleurs du sexe, les projet de recherche qui incluent des travailleurs du sexe mais dont les résultats ne sont jamais partagés, un accès réduit aux moyens de prévention comme le préservatif et le gel lubrifiant, sont quelques uns des points développés par Elena. Le ton de plus en plus engagé, elle s’est insurgé contre les agences internationales qui « imposent leur agenda» et a appelé à une plus grande implication des travailleurs/euses du sexe dans la prise de décision pour des politiques de prévention plus efficaces en lien avec les vrais besoins des personnes. « Dans une certaine mesure, oui, nous avons dire que le travail que nous faisons n’est pas décent car les conditions dans lesquelles nous travaillons ne le sont pas. Nous demandons que notre activité soit reconnue comme un travail comme les autres. » a conclut Elena Reynaga la voix chancelante, soutenue par les travailleurs et travailleuses du sexe et par la salle toute entière.

Emilie



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