LA CONFERENCE

 

Nous avons été invitées à une session organisée par l’ONUSIDA, la « global coalition on women and AIDS » et l’international Center for Research on Women (ICRW).

L’objectif était double : mettre en réseau les différents acteurs et dégager des initiatives concrètes sur la prise en compte des femmes dans la recherche. Une session originale qui se démarque de l’axe femmes et prévention majoritaire dans cette conférence !

 

- Point de départ sur l’état des lieux : d’où partons nous et où allons nous ? Un tour d’horizon a été fait sur les raisons historiques de la sous inclusion des femmes et sur les différentes réglementations et guides globaux de bonnes pratiques existants : une mise en perspective pour alimenter la réflexion sur les axes de travail et la direction à prendre.

 

Pour les chercheuses, cette recherche est une évidence. Non seulement d’un point de vue thématique (effets secondaires, impact sur les cycles hormonaux, traitements adaptés aux femmes enceintes, vieillissement, ostéoporose …) mais aussi d’un point de vue strictement scientifique. En effet, si nous partons du principe que les résultats de l’essai va être appliqué à toute la population, il faut que l’échantillon soit représentatif de celle-ci. Il faut également que l’essai soit construit dés le début en fonction des questions que nous nous posons concernant les besoins spécifiques des femmes.

 

- Deux chercheuses (Brésil et US) nous ont présenté leurs études observationnelles sur les femmes inclues dans les essais pour dégager les profils des participantes et analyser quels sont les facteurs qui peuvent freiner ou faciliter l intégration de celles-ci.

 

Si les chercheuses ont mesuré l’importance de la prise en compte de la communauté des femmes, c‘est la dernière prise de parole d’une jeune femme séropositive qui a recadré le débat en revendiquant une co-construction des essais (chercheurs ET femmes concernées). Les femmes séropositive ne sont pas là pour donner une sorte de label communautaire mais doivent être envisagées comme de véritables partenaires.

Affaire à suivre, nous avons pris contact pour pousser l’action plus loin et être force de proposition de sujets.

 

Graciela et Aurélie



bruno-spire

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Notre président est intervenu en plénière au sujet des leçons tirées de l’expérience des communautés fortement touchées par le VIH/sida.

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Depuis une quinzaine d’années, c’est le premier représentant associatif français à intervenir en plénière dans une conférence internationale.

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Téléchargez le pdf de sa présentation

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Téléchargez le pdf de son discours (version française)

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Visionnez la vidéo de la plénière et l’intervention de Bruno Spire (nécessite Windows Media)



La conférence internationale de Mexico l’a confirmé : le respect des droits humains est indispensable à la lutte contre le VIH/sida. Depuis toujours, AIDES considère que, pour lutter contre l’épidémie, il faut répondre aux préoccupations immédiates d’accès à la prévention et aux soins, mais aussi dénoncer et influencer les conditions de société rendant les personnes plus vulnérables face au VIH/sida.

Ce point de vue partagé a été mis en avant lors de la conférence de Mexico par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, “dans les pays qui n’ont pas de loi pour protéger les prostituées, les usagers de drogues et les hommes ayant des rapports homosexuels, seule une fraction de la population a accès à la prévention. […] Ce n’est pas seulement contraire à l’éthique de ne pas protéger ces groupes ; cela n’a aucun sens d’un point de vue sanitaire.”
AIDES et le réseau Africagay ont ainsi profité de la conférence pour alerter l’opinion sur la situation des gays en Afrique. Mais les discriminations concernent également les usagers de drogue injectable en Europe de l’Est et Asie centrale notamment, et les transsexuelles et transgenres en Amérique du Sud par exemple. AIDES a ainsi signé la déclaration ‘Les droits humains et le VIH/sida : aujourd’hui plus que jamais’, les droits humains devant être placés au centre de la lutte mondiale contre le VIH/sida.
Les discriminations et les atteintes aux droits de l’homme ne sont pas l’apanage des pays en développement. En France également, une série de mesures récentes inquiète AIDES. L’existence depuis juillet du fichier Edvige qui répertorie les militants en fonction de leur orientation sexuelle et de leur statut sérologique en est un exemple inacceptable. AIDES exige son abandon.
Alors que les enjeux en matière de prévention, de soins et de réduction des risques liés à l’usage de drogue ont été rappelés à la conférence internationale, la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie revient, avec son nouveau plan quinquennal, à des méthodes qui ont pourtant clairement montré leur inefficacité, la pénalisation de l’usage de drogue n’ayant jamais fait ses preuves en matière de santé publique, bien au contraire.
Enfin, les attaques répétées au système de la Sécurité sociale, avec notamment la mise en place des franchises médicales, stigmatisent les malades et précarisent encore plus les personnes séropositives.

Au-delà des facteurs aggravants de l’épidémie, la prévention de l’infection doit, pour plus d’efficacité, être développée, et la palette d’outils existants enrichie. De nouvelles études sont nécessaires pour confirmer, notamment auprès des gays, les liens entre la charge virale indétectable et la non transmission du virus. Et, même si les résultats des essais de vaccins et de microbicides n’ont pas été à la hauteur des espérances, il ne faut pas baisser les bras. Des efforts notamment financiers sont à fournir pour améliorer la recherche. Globalement, il faut tirer les leçons de ce qui marche et le reproduire en tenant compte des différences de contexte et surtout, remettre les personnes concernées au centre des programmes de prévention.

Selon l’Onusida, le coût estimé d’une prévention accessible à tous devrait atteindre un peu plus de 15 milliards de dollars d’ici 2015. Si on ajoute les 22,6 milliards d’euros nécessaires à l’accès aux traitements pour tous d’ici 2010, il reste beaucoup d’efforts financiers à mettre en œuvre.

Que ce soit pour lutter contre les discriminations, ou pour financer la lutte contre l’épidémie, une réelle volonté politique est indispensable. Suite à l’absence des ministres français à la conférence et de l’annulation de la lecture du discours de Nicolas Sarkozy, nous avons de sérieux doutes quant à la détermination de la France de rester moteur dans la lutte contre le VIH/sida.



Conférence de presse organisée par AIDES et AFRICAGAY le jeudi 7 août à 15h – Salle 3

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Intervenants :

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  • - Jorge Saavedra, invité d’honneur (CENSIDA, Mexique)
  • - Bruno Spire (AIDES, France)
  • - Yves Yomb (Alternatives Cameroun)
  • - Georges Kanuma (ANSS Burundi)

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Afrique : Les discriminations nourrissent l’épidémie

La reconnaissance des droits des homosexuels en Afrique est un des grands enjeux actuels de la lutte contre le sida sur le continent.

L’épidémie africaine était considérée jusqu’à très récemment comme exclusivement hétérosexuelle, or victimes de discriminations et de violences fréquentes (récemment au Sénégal, en Ouganda et au Cameroun), les gays africains sont également frappés de plein fouet par l’épidémie de VIH/sida. En moyenne, d’après les estimations, la prévalence de l’infection à VIH est jusqu’à cinq fois plus élevée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qu’au sein de la population générale. Comme souligné par la communauté internationale de lutte contre le sida depuis des années, il est impossible d’envisager une politique de santé publique efficace dans des conditions de répression des droits humains.

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Pour la première fois, les gays africains sont visibles à la conférence internationale: « Nous existons et voulons vivre mieux et librement ! »

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Georges Kanuma du Burundi attend des avancées de la Conférence internationale sur le sida. « J’aimerais que cela incite les autorités de santé publique à établir un état des lieux de la communauté LGBT (Lesbienne Gay Bi et Trans) en Afrique. J’espère aussi que notre prise de parole contribuera à alerter l’opinion publique sur le fait que le monde entier est concerné par l’homosexualité, y compris nous les africains. Enfin, ça sera une occasion de rappeler combien notre continent a été oublié dans presque toutes les études et recherches sur les MSM (Men having Sex with Men).»

Yves Yomb du Cameroun espère lui plus de visibilité des gays dans son pays pour qu’ils soient mieux pris en compte dans les programmes de lutte contre le sida (publics et associatifs). « On ne fait pas la promotion de l’homosexualité, on ne fait que révéler une réalité.»

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Soutenu par AIDES, Africagay est un réseau informel d’associations africaines de lutte contre le sida et pour les droits des homosexuels. Sur une approche de santé publique, ses valeurs reposent sur les droits humains et le développement socio-économique.

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18 organisations sont représentées de 10 pays d´Afrique : Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Maroc, Niger, Côte d´Ivoire, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tunisie et France. Venez nous rencontrer sur le Village Associatif de la conférence et rejoignez nous pour un verre à 16h30 après la conférence de presse.

Contacts Presse
[Paris] Marjolaine BENARD +33 1 41 83 46 53 / +33 6 10 41 23 86 - mbenard@aides.org
[Mexico] Francesca BELLI +33 6 10 25 52 03 - fbelli@aides.org
[Mexico] Floriane CUTLER +33 6 20 19 23 81 - fcutler@aides.org


Ce matin en plénière la question des droits humains était encore une fois posée. Elena Reynaga, fondatrice de l’association argentine des femmes travailleuses du sexe a rappelé que, malgré une mobilisation ancienne, les travailleurs et travailleuses du sexe continuent à payer un lourd tribut en terme d’infection à VIH. Les taux de prévalence parmi les travailleurs/euses du sexe sont sans commune mesure avec les chiffres de la population générale. « Nous ne sommes pas vulnérables en soi, c’est plutôt la violence qui s’exerce à notre égard qui nous rend vulnérable » a expliqué Elena Reynaga.

- Les politiques publiques qui condamnent le travail sexuel et alimentent la violence envers les travailleurs du sexe, les projet de recherche qui incluent des travailleurs du sexe mais dont les résultats ne sont jamais partagés, un accès réduit aux moyens de prévention comme le préservatif et le gel lubrifiant, sont quelques uns des points développés par Elena. Le ton de plus en plus engagé, elle s’est insurgé contre les agences internationales qui « imposent leur agenda» et a appelé à une plus grande implication des travailleurs/euses du sexe dans la prise de décision pour des politiques de prévention plus efficaces en lien avec les vrais besoins des personnes. « Dans une certaine mesure, oui, nous avons dire que le travail que nous faisons n’est pas décent car les conditions dans lesquelles nous travaillons ne le sont pas. Nous demandons que notre activité soit reconnue comme un travail comme les autres. » a conclut Elena Reynaga la voix chancelante, soutenue par les travailleurs et travailleuses du sexe et par la salle toute entière.

Emilie



« Bonjour, ça fait du bien de se saluer en français, vous ne trouvez pas ? » Ouf, effectivement un atelier enfin en français, histoire de souffler un peu ou tout simplement de pouvoir suivre ce que ce dit. Ce matin Arcad sida anime un atelier sur l’éducation thérapeutique. Une session placée sous le signe de la participation, c’est aussi ça la francophone touch ! Après avoir échangé avec les participants sur les représentations sur l’éducation thérapeutique et avoir proposé une définition collective, Arcad sida a présenté les activités du CESAC en matière d’appui à l’observance mais également du centre de formation Donya dans la formation des accompagnants. Bintou Dembelé a insisté sur l’importance de l’auto-support dans le cadre de l’appui à l’observance. Au CESAC, la plupart des activités sont menées collectivement, des groupes sont constitués au moment de l’initiation du traitement et se transforment en groupe d’auto-support sur le long terme.

Dans le contexte du passage à l’échelle de la prise en charge, le Mali s’est fixés des objectifs ambitieux en terme de nouvelles mises sous traitement. Il est néanmoins indispensable que la réalisation de ces objectifs quantitatifs ne se fasse pas au détriment des aspects qualitatifs liés à l’initiation des traitements ARV chez les nouveaux patients et à l’aide à l’observance de manière plus générale. La qualité de la prise en charge de l’infection à VIH en dépend.

Emilie